​Suzann​e Mairet

Congo Kinshasa

Une première mission au Congo Kinshasa eut lieu au printemps 2011, et j'en revins vraiment transformée !

Il est vraiment impossible d'aller dans ces pays du continent Africain sans être profondément marquée par le sceau de l'amour divin .

La lettre de news lors de cette mission !

Chers amis,

Que notre Dieu d'amour vous bénisse tous richement !

Vous dire que cette mission à Kinshasa en RD Congo est vraiment un temps de grâce et de visitation !

Depuis mon arrivée ici les réunions se succèdent, parfois jusqu'à 3 par jour.. et vraiment je suis émerveillée de voir comment notre Seigneur agit !

Nous sommes vraiment transportés dans Sa présence et tous sont réjouis, bénis, visités, libérés.. et je comprends que l'Esprit de Dieu est en train d'impacter nombre de vies et de vocations à travers le ministère qu'Il m'a confié.

Par Sa grâce, avec le Pasteur Polycarpe Mata qui me reçoit, nous avons pu organiser un repas rencontre avec les enfants de la rue, dans les locaux de l'église qu'il dirige. Ce furent des moments vraiment particuliers où Dieu me toucha encore à travers les témoignages de ces enfants de la rue, les "CHEGUES". Depuis tout petits, ils sont livrés à eux-mêmes, soit orphelins, soit chassés ou abandonnés, et ils sont très nombreux ici, et la dernière guerre n'ayant pas arrangé les choses !! Des petites filles violées dans leur petite enfance et se prostituant pour quelques centimes d'euros !!

Nous sommes en train de faire une vidéo reportage de ce repas partage afin d'essayer de sensibiliser à mon retour en France ! Je me suis sincèrement humiliée, tombant à genoux devant Dieu et devant ces enfants pour notre part de responsabilité dans cette génération. Et Dieu m'a aussi conduite à me tenir debout, devant cette centaine d'enfants, me dévisageant tellement intrigués que quelqu'un s'intéresse à eux,.. et je leur demandais pardon avec les paroles que le Saint Esprit m'inspirait ! Je crois que nous avons vraiment besoin de nous remettre en question, nous qui sommes en Europe particulièrement.. car c'est une chose certaine, le Seigneur nous demandera des comptes.. et comment pourrons nous justifier notre gaspillage, notre égoïsme, nos besoins toujours grandissants.. alors qu'à côté de nous, nous observons que des enfants vivent dans la rue, se prostituant et mendiant les miettes de notre superflu . Je bénis le Seigneur que le jour de cette rencontre j'ai pu prier avec tous ces "Chégués" dont l'âge variait de 5-6 ans à 18 ans ! Tous se sont levés comme un seul homme pour donner leur vie à Jésus, tous ont proclamé avec moi la Parole de notre Dieu afin qu'elle s'accomplisse dans leur vie. Je leur ai promis de tout mettre en oeuvre pour les aider, mais cela ne sera rendu possible qu'avec la participation du plus grand nombre !

Lors de séminaires de femmes, c'est une femme "de qualité" qui est aussi venue vers moi, et m'a ensuite invitée à manger chez elle avec le Pasteur Mata. Elle est conseillère dans un ministère chargée de la condition féminine. Cela fait 9 mois qu'elle n'est pas payée !! Elle me raconta comment elle avait du mener le bon combat jusque là.. bien que  tabassée elle-même par les hommes opérant les coups d'état, dépouillée de tous ses biens et devant recommencer à 0 !! Elle me dit le cri de la femme ici, m'expliqua comment nombre d'entre elles sont violées, frappées, humiliées, et même des vieilles mamans de 90 ans !!!! Tout cela, juste avant la rencontre avec les Chégués !! Croyez moi ou ne me croyez pas, mais j'ai eu toutes les peines du monde à leur prêcher l'Evangile.. car intérieurement je ne cessais de poser la question au Seigneur "Mais que leur dire ?? Seigneur, comment leur prêcher l'Evangile"?? J'étais retournée, brisée ! Une fois de plus j'ai ouvert ma bouche par la foi.. et je leur ai parlé qu'ils ont un Père qui les aime et ne les abandonnera jamais !..

Ce qui m'a aussi le plus frappée, c'est que ces enfants ne sont pas révoltés !! Ils auraient pu venir, agressifs.. mais non !! Et au contraire, à la fin du repas, nombre des plus petits vinrent se jeter dans mes bras pour me dire merci !! L'un d'eux s'accrochait à moi, et c'est le coeur déchiré que j'ai été obligée de le séparer de moi.. si j'avais eu une maison ici, je les aurais accueillis, au moins les plus petits ! Peut-être était-ce la première fois qu'une maman les serrait dans ses bras, les embrassait.. l'un d'eux fut secoué de sanglots en se serrant contre moi !

Si je viens vous témoigner ce que je vis ici, ce n'est pas pour mendier les miettes de nos superflus.. mais pour une prise de conscience devant le Seigneur de l'état dans lequel a basculé notre société dite civilisée, développée, nantie !!!!!!!!!!!!! Et envisager ensemble comment nous pourrions faire réparation à ces peuples pillés et dépouillés encore et toujours par nos propres nations d'Europe !!

Et ce, même si je suis encore la voix qui crie dans le désert.. ou comme ce Macédonien à l'instar de Paul ! Je continuerai envers, malgré et contre tout à mener ce bon combat afin de pouvoir en secourir quelques uns !!

Soyez interpellés par cet appel à l'oeuvre de Son amour, à ne pas vous lasser de faire du bien.

Un grand MERCI à tous ceux qui prient pour ce ministère et le soutienne !

Cachée en Lui, dans Son amour et avec toute mon affection.  

Merci de nous aider à les bénir !

REPAS RENCONTRE AVEC LES « CHEGUES » A KINSHASA


Depuis cette soirée où un "repas-rencontre" fut organisé avec les "Chégués" ou "enfants e la rue", à Kinshasa, RDCongo, je réalise une fois de plus combien nous sommes éloignés du vrai ministère de l'Eglise selon le coeur de Dieu ! Je sais, et j'en rends grâce à notre Dieu, il y a tellement d'oeuvres caritatives ! Cependant, je reste convaincue que c'est le mandat du peuple de Dieu de partager, secourir, nourrir, instruire.. En résumé, "redistribuer leur héritage aux pauvres et aux malheureux".

Comment expliquer ce qui se passa dans mon coeur lorsque le micro me fut donné pour parler à cet auditoire d'enfants orphelins, délaissés, abandonnés et vivant dans la rue depuis leur plus jeune âge ? Déjà depuis ma chaise sur l'estrade, je me posais la question : comment leur prêcher l'Evangile ? Mais là, devant cette centaine de regards fixés sur moi ? Intérieurement je priais : "Dieu, comment leur parler ? Quel Evangile leur prêcher ?" Dieu ne me répondant pas, j'ai ouvert la bouche, ainsi aussi qu'Il nous demande de le faire ! Et j'ai parlé à cette jeunesse abandonnée et livrée à elle-même, afin qu'elle sache que le Père Céleste, le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, ne les abandonnerait jamais et c’est pourquoi cette rencontre avait lieu.

Je leur expliquais aussi que je désirais connaître leur histoire et comment ils se sont retrouvés là, dans la rue, mendiant leur vie ! Alors, ils se sont racontés : qui est orphelin, qui a été chassé, violenté, délaissé, abandonné, etc.. J'observais aussi qu'ils étaient très attentifs au message de la Parole de Dieu et qu'il n'y avait pas de révolte en eux. Ils acceptèrent tous de prier avec moi pour confier leurs jeunes vies au Seigneur Jésus, confessant Sa Seigneurie à voix haute. Mais lorsque mon tour vint de prier pour eux, je ne pus m'empêcher de tomber à genoux et demander pardon à notre Dieu pour notre part de responsabilité que ces enfants soient dans la rue ! Pardon pour notre égoïsme, nos bonnes excuses pour justifier notre indifférence et notre passivité ! Nous aimons prêcher, raconter que Jésus est le même aujourd’hui et qu’Il fait des miracles nourrissant toujours les foules, mais lequel d’entre nous est prêt à donner son repas comme ce petit garçon qui donna ses pains et poissons ? Jésus avait besoin d’une offrande d’adoration à élever devant Son Père ! D’un cœur, prêt à sacrifier quelque chose par amour pour Lui ! Les disciples n’avaient pas été assez attentifs à l’enseignement de Celui qui est la Parole de Dieu, ce jour là ! Mais la Parole trouva le cœur de cet enfant qui avait compris qu’il ne vivrait pas de pain seulement, et offrit ce qu’il avait à ce Jésus qu’il admirait et adorait de tout son coeur ! Combien de fois avons-nous besoin de redevenir comme ces petits enfants !

Poussée ensuite par l’Esprit du Seigneur, je me tins debout devant eux et je leur demandais sincèrement pardon pour cette génération que je représente, laquelle a généré tant de choses mauvaises dont le divorce, l’avortement, etc.. Et vit tellement confortable, installée dans un matérialisme grandissant produit de nos sociétés dites « développées » ou « civilisées ». Cependant, ce soir là, j’observais que ces enfants n’étaient pas révoltés, ni agressifs, bien que rejetés, mal aimés, violentés, abandonnés à leur sort dès leur plus tendre enfance. Ces enfants dont la rue est leur maison ! Plusieurs pleurèrent dans mes bras et peut-être était-ce la première fois qu’une « maman » les embrassait, les caressait, leur disait « je t’aime » ! L’un d’eux, parmi les plus petits s’accrochait à moi, ne voulait plus repartir ! Ce fut difficile vraiment de m’en séparer, et si j’avais eu une maison à Kinshasa, je crois que je les prenais tous avec moi, du moins les plus petits !

Beaucoup d’entre eux vinrent me remercier, dire leur reconnaissance ! J’étais stupéfaite, tant dans ma compréhension bien Française des choses, ces enfants auraient eu toutes les raisons d’être agressifs, injurieux !! Mais ces petits là, NON ! Ils ont entre 6-10 ans et 18 ans ! Ils sont nés dans l’abandon, la misère, ont grandi dans les rues de notre indifférence et sont venus là, ce vendredi soir dans nos locaux d’Eglise pour chanter et louer Jésus avec nous et Lui offrir leurs jeunes vies, les mains levés en sacrifice d’amour et les yeux tournés vers Celui qui ne les abandonnera jamais ! Leurs regards, leurs sourires, leurs prières m’enseignaient comment aimer notre Dieu en Esprit et en vérité ! Je désirais ardemment les bénir, mais ils me bénirent eux, bien au-delà de ce que je ne pourrais jamais assez le faire ! Alors nous avons ri, chanté, dansé tous ensemble ! La joie de Dieu nous envahissait, nous rendant heureux et libres ! Tout à coup la misère était oubliée avec tout son cortège de souffrance, de peurs du lendemain ! Nous étions là, partageant ce repas comme si soudain nous étions une vraie famille, et nous l’étions : celle de notre Dieu, notre Père d’amour !

Autre surprise fut la requête de certains parmi les plus grands : "Maman, pourrions-nous avoir un morceau de savon pour laver nos habits ? Ils ne me demandèrent pas de l'argent ou encore quelque bien matériel !! Non !! Du savon !! Je me renseignais donc sur le prix et quand j'appris que cela n'atteindrait pas les 15 €, j'envoyais rapidement quelqu'un en acheter une centaine pour leur remettre à la fin de la rencontre !

O Père Saint, j’ose encore Te prier ! J’ose encore croire que « rien ne T’est impossible » et que cette maison de TON amour, Ta miséricorde extraordinaire, va être donnée pour accueillir et aimer ces enfants, et les accompagner sur le chemin de leur vie, les éduquer dans Ta parole afin que tous ces petits deviennent disciples du Seigneur, une nouvelle génération pour porter le nom de Ton Fils en triomphe dans ce monde !

Qu’ils soient Ta voix ici bas et aplanissent le chemin du retour de Jésus venant chercher Son Epouse préparée pour Sa gloire !

O Dieu, déverse des torrents d’amour sur cette jeunesse et baptise là afin qu’elle soit comme une rosée qui vient à Toi parée de la beauté et de la gloire de Ton Fils tant aimé !

       Mais là, devant cette centaine de regards fixés sur moi, Intérieurement je priais : "Dieu, comment leur parler ? Quel Evangile leur prêcher ?" Dieu ne me répondant pas, j'ai ouvert la bouche, ainsi  qu'Il nous demande de le faire ! Et j'ai parlé à cette jeunesse abandonnée et livrée à elle-même, afin qu'elle sache que le Père Céleste, le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, ne les abandonnerait jamais et c’est pourquoi cette rencontre avait lieu.

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